Stéphane Grichting se confie à SPORTMAG

Pour sa dixième saison à l'AJ Auxerre, Stéphane Grichting est ambitieux. Après avoir songé à quitter la Bourgogne en juin dernier, l'arrivée de Laurent Fournier a fini de le convaincre d'aller au bout de son contrat. Véritable cadre de l'effectif, il a tout pour aider cette nouvelle génération à déployer ses ailes.

SPORTMAG : Stéphane, comment jugez-vous le début de saison de l'AJ Auxerre ?
Stéphane Grichting : Je trouve que nous sommes une équipe beaucoup plus joueuse qu'avant. Nos joueurs ont beaucoup de qualités. Le début de saison a plutôt été en dents de scie, ce qui était décevant car, sur quelques matches, nous avions largement la place de faire mieux. Il a fallu également digérer les changements de l'intersaison. Nous avons eu un nouveau coach, un nouveau président, il y a beaucoup de nouvelles choses. Aujourd'hui, nous avons une nouvelle tactique, donc il faut rester patient. Avec du temps et plus de constance, ça ira mieux.

Dans la philosophie de jeu, quelles sont les grandes différences entre Jean Fernandez et Laurent Fournier ?
Nous sommes plus libérés sur le terrain. Nous allons beaucoup plus vers l'avant, nous attaquons à plusieurs alors qu'avant nous étions davantage concentrés sur l'aspect défensif et si l'on marquait un but en contre, cela suffisait. Aujourd'hui, nous essayons de faire plus de jeu. Que les joueurs créent le surnombre, cela change beaucoup à Auxerre. Nous sommes moins prévisibles, il y a plus de joueurs qui peuvent faire la différence.

L'arrivée de Laurent Fournier vous a convaincu d'aller au bout de votre contrat avec l'AJ Auxerre ?
Pour moi, c'était clair depuis le début. Après cinq ans avec Jean Fernandez et neuf saisons au club, j'avais besoin d'un nouveau défi. A partir du moment où Jean est parti, un peu à la surprise générale, à Nancy, je savais que j'allais rester car il y allait avoir du changement à l'AJA. Ce n'est pas contre Jean Fernandez, mais juste un besoin de changement. Après, c'est vrai que le discours de Laurent Fournier en début de saison m'a tout de suite plu. C'est important d'être sur la même longueur d'onde que son entraîneur.

Avec Edouard Cissé, vous êtes un peu les grands frères de cet effectif. Comment vivez-vous ce rôle ?
Il n'y a pas qu’Edouard Cissé et moi comme leaders. Nous sommes plusieurs cadres avec Cédric (Hengbart), Adama (Coulibaly) et Olivier (Sorin), notre capitaine. Nous avons plus d'expérience donc forcément, nous sommes les plus écoutés. Après, le principal relais du coach, c'est plutôt Olivier et le message passe très bien. Nous autres essayons d'encadrer les jeunes et d'être là quand il le faut.

Un statut de cadre qui se confirme avec votre retour à un poste de titulaire. Même s'il est compliqué de se juger, êtes-vous satisfait de vos performances ?
Oh là oui, c'est très compliqué à juger. Si j'ai eu beaucoup plus de continuité ces derniers temps, je n'ai pas beaucoup joué en début de saison. C'est un rôle un peu nouveau pour moi, car depuis que je suis à Auxerre, je n'avais plus l'habitude d'être un titulaire. J'avais accepté cette situation avec logique et l'envie de travailler. Je savais qu' à un moment ou un autre, j'allais avoir ma chance. J'ai pu enchaîner quelques matches mais j'ai encore besoin de temps pour retrouver le rythme et la confiance, car j'ai longtemps été blessé l'an dernier.

Vous n'avez d'ailleurs pas toujours joué en défense centrale. Votre polyvalence vous a-t-elle desservi ?
Bon, j'ai quand même évolué les trois quarts du temps en défense centrale, c'est d'ailleurs le poste où je suis le plus à l'aise. Alors certes, avec Jean Fernandez, j'ai souvent joué à gauche, mais c'était une question d'équilibre. Sachant qu'Hengbart est très offensif, je compensait sur le couloir gauche. Cela nous a permis d'être plus hermétiques et nous avons fini meilleure défense du championnat une année. A partir du moment où cela était payant pour l'équipe, pour moi, il n'y avait pas de problème.

Il ne vous reste que quelques mois de contrat, qu'allez-vous faire en juin prochain ?

C'est un peu le gros point d'interrogation. J'ai eu quelques opportunités cet été qui n'ont pas abouti. Là, je suis en fin de contrat, mais je ne sais pas encore ce que je veux faire. Peut-être que ce sera un retour en Suisse, ou continuer mon expérience à l'étranger, ou encore pourquoi pas prolonger ? Je verrai en fin de saison, pour le moment, tout est ouvert.

Enfin, Stéphane vous avez décidé de quitter la sélection suisse en juin dernier, regrettez-vous votre choix ?
Non, je pense que j'ai pris la meilleure décision, la meilleure de ma carrière au niveau de la sélection d'ailleurs. J'ai toujours donné le maximum, donc je n'ai pas de regret. C'est vrai que je rêvais de terminer ma carrière internationale lors de l'Euro 2012 en Ukraine et Pologne, mais bon... J'ai réagi plutôt qu'agi, mais je n'ai pas de regret. De toute manière, la sélection n'a pas réussi à se qualifier, même pour les barrages, qui étaient pourtant, je pense, largement à notre portée. Du coup, je profite d'une chose que je n'ai jamais connue, les pauses internationales ! Je suis avec ma famille et ça me fait un grand bien.